INTRODUCTION
L'action se déroule juste après la fin du film. Contrairement à l'original, le gouverneur n'est pas au courant des sentiments qui unissent sa fille et William Turner. Récompensé de sa bravoure, rappelons qu'il l'a sauvé des pirates, Will devient le forgeron attitré du gouverneur, qui l'a invité à vivre chez lui. Il y avait déjà vécu étant enfant, lorsque le navire du gouverneur l'a sauvé de la noyade... La fille du gouverneur s'appelle désormais Anna et leur nom de famille est devenu Keaton.
C'EST ICI QUE TOUT COMMENCE...
Nous sommes dans les Caraïbes... Le domaine du gouverneur, baptisé « la falaise de l'écho » se trouve près de la ville de Port Royal et comprend une grande maison de style anglais ainsi qu'un immense jardin vallonné avec en contre bas, un lac en forme de croissant de lune.
Deux heures du matin. C'était la fin de l'été et Anna venait de se réveiller en sursaut. Une terrible soif tiraillait sa gorge. Elle se leva, nue, et enfila une robe de chambre même si elle savait le couloir désert à cette heure-ci. Silencieusement, elle descendit les escaliers en bois, en évitant les marches qui grinçaient et se rendit dans la cuisine. La lune éclairait faiblement la pièce, mais assez pour trouver à tâtons, un verre et le pichet d'eau. Alors qu'elle se délectait d'une longue gorgée fraîche, un mouvement d'air la fit sursauter. « Il y a quelqu'un? » Pas de réponse. Elle écarquillait les yeux pour tenter d'y voir quelque chose dans cette quasi obscurité. Une ombre massive se planta soudain devant elle et elle failli pousser un hurlement avant de reconnaître Will. Le c½ur battant, Anna chuchota: « Vous m'avez fait une de ces peurs, Will! » Il était torse nu et la lune accrochait d'une lumière scintillante, une petite croix en argent sur sa poitrine. Les reflets dans ses cheveux noirs d'ébène, qu'Anna voyait rarement libres, donnait un effet irréel à la scène. « Je n'avais pas l'intention de vous effrayer, Anna... » Il avança sa main vers son visage et sembla hésiter. Il baissa les yeux et contempla ses jambes qui apparaissaient entre les pans de la robe de chambre.
Survolté par une brusque bouffée de chaleur, il l'attrapa à la taille, la souleva et l'assit sur la grande table. « J'ai besoin de vous... » dit-il en enfermant entre ses paumes le visage d'Anna, surprise par la soudaineté de ces paroles. Il l'enlaça et la serra contre sa poitrine. Ses jambes tremblaient contre les siennes, son c½ur battait la chamade près du sien et il y voyait là, le signe qu'elle ressentait la même chose que lui. Et il n'avait pas tort... Son corps collé à celui de Will, rendait Anna heureuse et embarrassée à la fois. L'odeur de sa peau légèrement musquée, l'enivrait. « Je vous veux à moi, toute à moi... » disait-il d'une voix rauque. La surprise mêlée au désir, l'excitation... tout se brouilla dans son esprit. Elle se sentit rougir jusqu'aux épaules mais quand il se recula, elle le regarda droit dans les yeux. Elle comprit alors que dans les sombres prunelles qui l'observaient avec désir, rien ne pourrait apaiser cette soif brûlante qu'il avait d'elle. Son étreinte se resserra, la respiration de Will se précipita, sa bouche affamée se posa sur ses joues, ses cheveux, son cou, là où battait son sang, sur ses lèvres enfin, dont il semblait ne pouvoir se repaître...
« - Par tous les dieux, épargnez-moi... C'est encore trop tôt.
- Souhaitez-vous attendre la levée du jour...?
- Ce n'est pas le moment de faire de l'humour, William. »
Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle voulait à cet instant. Will semblait ne pas pouvoir s'empêcher de la toucher: il lissait ses cheveux, son regard fixant ses lèvres entrouvertes.
« Il vaut mieux que vous retourniez vous coucher, je ne sais combien de temps je pourrais me retenir de vous... » Mais avant de terminer sa phrase, il se jeta sans retenue sur sa bouche, qu'il prit avec volupté. Passant ses mains autour de sa taille, il souleva Anna dans ses bras et l'emporta hors de la cuisine. Il monta les escaliers et pénétra dans sa chambre. Il se laissa tomber sur le lit, roula au-dessus d'elle et recommença à l'embrasser. La ceinture de la robe de chambre s'était dénouée et quand leurs corps se touchèrent, Will crut perdre la tête. Il s'interrompit et se souleva sur les mains:
« - Cela fait si longtemps que j'attends ce moment, je ne veux pas que vous y cédiez avec autant de facilité. Dites-moi d'arrêter...
- Que vous êtes compliqué Mr Turner, dit-elle en souriant. Mais vous avez raison, il ne faut pas nous précipiter. »
Will sembla un peu attristé de sa réponse mais ne le montra pas. « Bonne nuit, Anna... » Il déposa un baiser sur son ventre et sortit de la chambre sans se retourner.